
Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme
60e anniversaire
Le 10 décembre 1948 à Paris, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme. Un texte précisant les droits humains fondamentaux, sans véritable portée juridique et dont John Peters Humphrey, Eleanor Roosevelt et René Cassin furent les principaux auteurs. PrécisionsLa Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU en 1948, inspirée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est la conséquence directe du second conflit mondial. Composé de trente articles, elle énonce les droits fondamentaux de l’individu et leur reconnaissance et leur respect par la loi.
Le texte comprend aussi un préambule de huit considérations reconnaissant la nécessité du respect inaliénable de droits fondamentaux de l'homme par tous les pays, nations et régimes politiques.
HistoriqueLa Déclaration universelle des Droits de l’Homme prend ses racines dans la deuxième guerre mondiale et « la révulsion universelle face aux crimes du national-socialisme hitlérien ». La Charte de l’Atlantique proclamée par Roosevelt et Churchill en 1941 qui définissait le programme de paix des Alliés face aux Puissances de l’Axe en reprenant les "quatre libertés" définies par le président Roosevelt (individuelle, pensée et de religion, économique, et sécurité) a servi de fondation à son élaboration.
Dès cette année, René Cassin, commissaire national de la France Libre déclara que "la consécration pratique des libertés essentielles de l’homme était indispensable à l’établissement d’une paix internationale véritable ».
AbstentionsA l'origine, 48 États sur les 56 participants adoptent cette charte universelle. Aucun État ne se prononce contre et seuls huit se s’abstiennent. Parmi ceux-ci, l'Afrique du Sud de l’apartheid refuse l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de naissance ou de race ; l’Arabie saoudite conteste l’égalité homme-femme. La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et l'Union soviétique (Russie, Ukraine, Biélorussie), s'abstiennent, quant à eux, prenant prétexte d’un désaccord concernant la définition du principe fondamental d’universalité tel qu'il est énoncé. Enfin, 2 États, le Yémen et le Honduras n’ont pas pris part au vote.
Textes complémentairesAprès la création d'une Commission des droits de l'homme chargée de la rédiger, le projet a abouti après de longues négociations dans le contexte de la guerre froide avec deux textes complémentaires qui sont le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Sans portée juridique, mais…La grande innovation réside dans le fait d’avoir introduit le principe du recours individuel contre un Etat en cas de violation des droits fondamentaux. On dispose ainsi en à Strasbourg, depuis 1998, d’une Cour européenne des droits de l’homme permanente qui garantit un droit de recours individuel à plus de 800 millions d’Européens.
Un idéalMireille Delmas-Marty, Professeur à l’université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, analyse la portée et l’avenir de la DUDH (
lire l'article). Si, affirme-t-elle, « l’universalité des droits de l’Homme est encore pour l’essentiel à construire » ; le processus ne se fera pas d’une manière homogène, car plutôt que « l’unification, elle suggère l’harmonisation des systèmes de droit, dans la mesure où des différences sont admises […] à condition d’être compatibles avec les principes fondateurs communs. Admettre des différences, c’est reconnaître que la perception des droits de l’Homme peut être conditionnée par l’Histoire et par divers facteurs d’ordre politique »
Des risques d’éclatementCependant des risques d’éclatement apparaissent en particulier « lorsqu’un Etat, qui paraît jouer le jeu en ratifiant le texte international, utilise de façon abusive la technique des « réserves » pour en réalité nationaliser le texte. Façon de refuser l’internationalisation et de revenir au traditionnel « chacun chez soi ».
La différence dans l’utilisation (ou non) de la DUDH « tient sans doute aux mécanismes de contrôle, car c’est le véritable test de la volonté politique des Etats d’assurer, par-delà l’effet d’affichage d’une liste de droits, l’efficacité d’un système de protection.»
Le texteLa Déclaration qui a été traduite dans environ 360 langues, a été la première reconnaissance internationale des libertés et des droits fondamentaux de tous les êtres humains.
Si la Déclaration de 1948 s’inscrit dans la ligne de celle de 1789, dont les principes les plus universels (liberté, égalité, fraternité) se trouvent dans l’article premier du texte de 1948 qui déclare que Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité, l’article 29 souligne en contrepoids les devoirs de l’individu envers la communauté.
Ses principaux auteurs
Eleanor RooseveltEpouse de Franklin Delano Roosevelt et « première dame » des États-Unis de 1933 à 1945, fut la première à rendre ce rôle actif.
John Peters HumphreyAvocat canadien, décédé en 1995.
René CassinProfesseur français de droit français ; Prix Nobel de la Paix en 1968 ; mort en 1976.
DébattreLes Droits de l'Homme et l'ONU sont parfois remis en cause ou pointés dans leurs contradictions.
Voici deux livres dont les points de vue alimentent le débat :
Les Nations Désunies ; Comment l'ONU enterre les droits de l'hommeLorsque le Secrétaire général Kofi Annan prend ses fonctions en 1997, un an avant les fastueuses célébrations du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits l'homme, il se donne pour mission d'engager un programme de réformes en profondeur de l'ONU, afin qu'elle corresponde aux nouvelles réalités du monde.
En quelques années, tous les nouveaux mécanismes créés depuis le tournant du millénaire n'ont fait qu'aggraver le délitement de l'institution. Au fil du temps, les attaques contre l'héritage des Lumières, contre la démocratie, les libertés individuelles et l'égalité avaient trouvé différents chemins pour s'exprimer.
Le droit et les droits de l'hommeLa politique contemporaine fait grand usage des " droits de l'homme ". Et s'il s'agissait d'une expression mal formée, d'une idée mal pensée, s'il n'y avait pas du droit de l'homme ? Telle est l'hypothèse profonde et paradoxale du livre de Michel Villey ; tel est son objet : une critique droits de l'homme. Il l'entreprend et la mène à l'aide d'une histoire du concept de droit, celui qu'inventèrent les Romains et qu'ils léguèrent à l'Europe.
POUR EN SAVOIR PLUSSur InternetLe
site officiel français du 60e anniversaire
LivresLa Convention européenne des Droits de l'HommeLibertés fondamentales et droits de l'homme : Textes français et internationauxLa Déclaration universelle des droits de l'homme : Chaque article commenté à la lumière de l'actualité L'illustration universelle des droits de l'homme : Les trente articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme illustrés en bande dessinéeDictionnaire des droits de l'hommeCet article a paru sur le site
EvéneMonde.
Sources :
wikipédia ;
amazon ;
diplomatie française ;
Cour européenne des Droits de l'Homme;
ONULe texte intégral de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme